Billet littéraire no 139
Agnes Gruda
Onze petites trahisons, Nouvelles, Éditions Boréal Compact, Montréal, 2010, 288 p.
C’est toujours un bonheur de rencontrer des auteurs et au Salon du Livre de l’Outaouais, j’en ai rencontré plusieurs cette année. Je fus ravie de voir que Agnes Gruda y était pour donner des entrevues et faire des scéances de dédicace. J’avais lu son dernier roman, publié en 2025, “Ça finit quand toujours?” J’en avais parlé dans un billet en septembre. Je ne connaissais pas ses autres livres. Voulant l’encourager, j’ai acheté ce recueil de nouvelles. Elle me l’a recommandé en me rappelant qu’il avait été finaliste aux Prix du Gouverneur Général. Je n’ai pas été déçue.
Il y a des nouvelles portant sur les blessures d’enfance, sur l’adolescence et ses tourments, sur l’amour, la vieillesse, le deuil, etc. Ma préférée est la dernière où elle raconte un jour de printemps à Montréal. Elle déambule dans les rues, savourant le soleil printanier qui rend les gens plus légers, plus souriants, plus sensuels. Elle s'assoit sur un banc en attendant l’heure de son rendez-vous. Après un moment, un homme vient s’asseoir avec un carnet et un livre. Du coin de l'œil,elle observe cet homme fatigué et morne qui semble chercher des rimes en prenant des notes. C’est Leonard Cohen! Va-t-elle l’aborder, lui dire son admiration, le questionner sur ses chansons? Je vous laisse deviner.
Toutes les nouvelles portent sur la trahison, naïve ou cruelle. Elles m’ont happée et charmée par leur style et leur inventivité. J’ai hâte de lire l’autre recueil acheté par ma soeur. Agnes Gruda nous a fait promettre de les échanger. En retour, je lui ai fait promettre d’en écrire un autre. Elle a souri malicieusement, quelle femme élégante, charmante en plus d’être une bonne écrivaine.
Bonne lecture!