Billet littéraire no 142
par Johanne Berger
Monique Proulx
Le bien ne fait pas de bruit, Les Éditions du Boréal, Montréal, 2026, 264 p.
J’aime écrire et lire depuis toujours, cependant, je me pose des questions à savoir si je dois laisser tomber le papier pour les médias électroniques, les blogues, les livres en ligne. En effet, nous voyons de plus en plus les effets néfastes de l’abus des écrans. Ces tendances qui nous ont fait délaisser les journaux, les magazines et abandonner le
papier, le crayon et la plume. J’ai adopté certains formats électroniques mais le côté physique, la texture des livres, les plumes et les carnets me fascinent encore.
Parfois, je choisis un livre qui me conforte et me rassure dans mes choix. Le genre d’auteur qui reste attaché au papier et à la nature m’attire toujours. Monique Proulx est une de ces auteures. Elle a écrit sur la vie urbaine, sur des drames psychologiques mais je trouve qu’elle est à son meilleur lorsqu’elle plante son roman en pleine nature. J’avais adoré son livre “Champagne” qui offrait de si belles descriptions des Laurentides. Celui-ci tire son inspiration de l’auteure célèbre, Gabrielle Roy, et de ses séjours dans un chalet de Charlevoix.
Monique Proulx a eu la chance de se faire offrir une résidence d’écrivain dans ce chalet il y a quelques années et y a connu une amie de Gabrielle Roy qui était aussi sa voisine de chalet. Les références à l’oeuvre et à la personne de Gabrielle Roy sont à peine déguisées. Elle lui donne un nom différent, change le titre de ses livres et la met
en scène dans un chalet des Laurentides au lieu de la situer dans le chalet de Petite-Rivière Saint-François. Pourtant, nous reconnaissons Gabrielle dans les descriptions et dans le portrait que Proulx en fait.
Cependant, le moteur de ce roman n’est pas Gabrielle, c’est sa voisine, Berthe Simard. Proulx a eu la chance de bien la connaître durant sa résidence d’écriture. Elle en fait son héroïne, lui prête des intentions et une vie dont il est impossible de savoir le degré d’exactitude. C’est évident que l’auteure s’est très fortement inspirée de ce qu’elle a découvert sur place et de ce que lui a raconté Berthe Simard. De plus, les références aux romans de Gabrielle Roy sont précises et intentionnelles. D’ailleurs, Monique Proulx a bien expliqué dans des entrevues récentes que ce n’est pas un récit de vie de Berthe Simard ou de Gabrielle Roy mais qu’elle s’est librement inspirée d’elles pour écrire son roman.